Pour la petie Histoire...
"Mon Poupoul chéri,
Ce poème que j’avais écrit sans y mêler la moindre intention, la moindre pensée inconvenante m’a valu de la part de Marie-Blanche des taquineries dont je suis encore éberluée. Elle m’a démontré que ce poème était l’indécence même et contenait des images et des aveux dignes de faire rougir le confesseur le plus large d’esprit. Et quand je lui ai dit qu’elle avait l’esprit mal tourné elle m’a répondu que mon inconscience n’était pas, à ses yeux, une preuve d’innocence. Je l’ai modifié pour tout le monde et si je ne l’ai pas changé pour toi c’est que je l’avais écrit pour toi et que je savais que ta musique aurait le pouvoir de l’innocence sous sa forme originelle"… Loulette
15 juillet (St Henri) 1939
Francis Poulenc, Correspondance 1915-1963, Editions du Seuil, 1967, pp. 110-111. Correspondance établie par Hélène De Wendel
Les Nuits d'été d'Hector Berlioz
Pour Berlioz qui n'a appris à jouer que la flûte et la guitare, le piano est un orchestre avec lequel au delà des mots surgit l'émotion.
Avec cette oeuvre on pourrait reprendre une citation du musicologue et critique musical Fetis :
"S'il a le diable au corps, il a un dieu dans la tête".
Andrea Büchel, Soprano :Originaire de Trèves (RFA) Andrea Büchel commence à travailler sa voix dès l'age de 11 ans. Prix de chant et d'Art Lyrique au CRR de Nancy. Spécialisée dans le domaine de la musique ancienne, elle se consacre également à la mélodie française et au lied allemand. Elle se produit dans les grands Festivals de musique en France et à l'étranger.
Ayant conjugué études musicologiques et littéraires, Andrea Büchel a rédigé plusieurs travaux de recherche sur les interactions entre littérature et musique qui l'amènent à donner des conférences en milieu universitaire tout en animant des cours d'interprétation.
Catherine Courvoisier, piano :De nationalité suisse et française et issue d'une famille de musicien, Catherine Courvoisier obtient en 1969 sa licence de concert à la Hochschule für Musik de Vienne.
Professeur à la Faculté de Musique de l'Université de Montréal, Soliste de I Musici de Montréal et des Grands Ballets Canadiens, elle s'est produite sur de nombreuses scènes tant au Canada que dans les pays d'Amérique Latine. Etablie à Genève en 1985, elle y poursuit sa carrière de pianiste. Hormis les musiques contemporaines et romantiques, sa personnalité musicale la fait reconnaître comme une des meilleures interprètes des oeuvres de Bach, tout particulièrement des Variations Goldberg.
Désormais installée en france dans le Luberon, elle est fréquemment sollicité pour animer des master-classes et participer à des jurys.
Le concert de clôture de la master-class
"La voix a ceci de particulier que ses organes nous sont comme immatériels et qu'en revanche ils nous engagent intimement.
Aucun médiateur entre le chanteur et l'auditeur. L'instrumentiste a son piano, son violon, qui lui impose une gestuelle une posture. Le chanteur d'Opéra est inscrit dans une histoire, dans un costume et une mise en scène. Plus nu, plus fragile, plus exposé encore, est le chanteur de lied et de mélodie, qui dans son duo avec le pianiste, est personnellement la musique, il est le texte, la mélodie, l'émotion et, sans aucun artifice à sa disposition, il nous conduit dans l'univers poétique ou tout sera dit entre le premier silence et le dernier… en trois ou quatre minutes"....
"Je me plais à penser que l'art est l'aboutissement de la production du vivant.
De même, de vos énergies, EOL crée la brique supplémentaire nécessaire au chanteur. Nous avons besoin de vous. La chaleur de vos encouragements, la force de votre engagement et le fluide magique de vos dons.
Non pas la crue du Nil, une douce pluie printanière suffit à ce projet pourtant ambitieux".
Joël Piard président de EOL
Concert de clôture: le programme
soprani : Raphaëlle Andrieu, Tatiana Probst, Aïko Shimouchi 
mezzo-soprani : Sarah Nancy, Madeleine Webb
Alphonse Cemin, piano
Herbstlied, « Ach wie so bald… »
(E. Klingemann) F. Mendelssohn (1809-1847)
Sarah Nancy et Aïko Shimouchi
Widmung, op. 25 (F. Rückert) R. Schumann (1810-1856)
Aïko Shimouchi
Seit ich ihn gesehen R. Schumann (1810-1856)
Er, der Herrlichste von allen
extraits de Frauenliebe und Leben (L’Amour et la vie d’une femme),
op. 42, (A. von Chamisso)
Madeleine Webb et Frédéric Isoletta
Die Nacht, op. 10, nº3 (H. von Gilm) R. Strauss (1864-1949)
Tatiana Probst
Zueignung, op. 10, nº1 (H. von Gilm) R. Strauss (1864-1949)
Allerseelen, op. 10, nº8 (H. von Gilm)
Sarah Nancy
Funeral Blues (W. H. Auden) B. Britten (1913-1976)
extrait des Cabaret Songs
Madeleine Webb et Frédéric Isoletta
La belle au bois dormant Tchaïkowsky
Jeff Cohen - Alphonse Cemin
Monica’s Waltz G. Menotti (1911-2007)
extrait de The Medium
Raphaële Andrieu
La Souris d’Angleterre (Nino) M. Rosenthal (1904-2003)
extrait de Chansons du Monsieur Bleu
Aïko Shimouchi
Quelle aventure ! (M. Carême) F. Poulenc (1899-1963)
extrait de La Courte paille
Tatiana Probst
Bleuet (G. Apollinaire) F. Poulenc (1899-1963)
Tatiana Probst
C. (L. Aragon) F. Poulenc (1899-1963)
Raphaële Andrieu
La Petite servante (M. Jacob) F. Poulenc (1899-1963)
extrait des Cinq poèmes de Max Jacob
Aïko Shimouchi
Quand je fus pris au pavillon (Duc C. d’Orléans) R. Hahn (1875-1947)
Aïko Shimouchi
Un Cygne (R. M. Rilke) S. Barber (1910-1981)
Tombeau dans un parc (R. M. Rilke)
extraits des Mélodies passagères, op. 27
Raphaële Andrieu
Oh ! la pitoyable aventure ! (Franc-Nohain) M. Ravel (1875-1937)
air de Concepción, extrait de L’Heure espagnole
Madeleine Webb
Canción de Paloma (L. C. de Larra) F. A. Barbieri (1823-1894)
extrait de El Barberillo de Lavapiés
Sarah Nancy
Un peu de pédagogie : la master class
Classe principale – Master Class - classe de maîtreC'est une session de formation de haut niveau dispensée par un artiste dont l'autorité est reconnue dans une discipline, en particulier la musique.
Dans le cas des interprètes, on emploie aussi le terme "cours d'interprétation".
La différence entre une master class et un cours ordinaire réside dans l'organisation. Dans une master class, tous les étudiants (et souvent des spectateurs) écoutent et observent alors que l'expert s'occupe d'un étudiant à la fois. Celui-ci, généralement de niveau au moins intermédiaire sinon avancé, joue généralement un seul morceau sur lequel il a été préparé, et l'expert lui donnera des conseils pour mieux l'interpréter, ce qui comprend souvent des anecdotes à propos du compositeur, des démonstrations sur certains passages, et des commentaires sur les erreurs fréquentes.
De l’importance du lied et de la mélodie
Si quelques compositeurs se sont particulièrement illustrés dans la mélodie et le lied, il n’y a guère de musicien qui n’ait, un jour ou l’autre, écrit pour la voix ; si Schubert, suivi de ses dauphins Schumann et Wolf, continue de dominer la production germanique et internationale ; si nul ne conteste pour la France la suprématie de Fauré, Duparc, Debussy, Ravel, Berlioz et Poulenc ; un panorama largement étendu donne un aperçu significatif des grandes écoles nationales.Considérés, à tort, comme des œuvres mineures ou élitistes, mélodies et lieder sont des œuvres majeures de l’Europe culturelle.
Au répertoire le plus courant, pour une voix et un piano, s’ajoutent des mélodies et lieder en duo, trio ou quatuor avec piano, et des pièces avec ensemble instrumental ou orchestre.
Un peu de pédagogie : la mélodie
En musique classique, une mélodie est dans la musique française, une forme musicale particulière, consistant en une brève composition pour voix accompagnée par un piano ou par un ensemble instrumental, sur des paroles généralement empruntées à des textes poétiques ou d'œuvres de grands poètes. Les mélodies doivent beaucoup aux lieds.Le lied (au pluriel, des lieds ou des lieder) est utilisé spécifiquement dans la musique savante de langue allemande. Le lied se distingue par sa volonté de puiser aux sources populaires et peut être daté de la première moitié du XVIIIe siècle. Les lieds puisent dans le romantisme allemand avec des situations sombres où toute l'intimité de l'âme peut s'épancher au travers des poètes : le lied tire sa notoriété de réputés compositeurs allemands, tels Franz Schubert, Robert Schumann, Johannes Brahms et Hugo Wolf.
La mélodie française naît vers le milieu du XIXe siècle, en France, bien sûr, mais en empruntant son nom aux Irish melodies de Thomas Moore. Cette forme musicale pour voix et piano (parfois pour voix et orchestre) se développe de manière autonome tout en empruntant à la romance dont elle est fille et au lied auquel on l'oppose fréquemment On prétend que le lied, d'essence germanique, serait plus populaire et plus proche de la chanson que la mélodie. Cette assertion est manifestement fausse quand on analyse bon nombre de lieder de Schumann, de Brahms, de Hugo Wolf, de Strauss... Cependant, la mélodie française est particulièrement attentive à la qualité et au sens des vers qu'elle met en musique et l'extrême raffinement de sa courbe vocale, de ses rythmes et de ses harmonies la distinguent incontestablement.
On s'accorde à considérer les Nuits d'été (1841) d'Hector Berlioz comme le premier exemple de ce genre. On pourra remarquer, dans ce genre très particulier, une grande attention dans la clarté de l'expression, à la précision des formes. Cette concision découle souvent de la volonté de rendre le poème le plus intelligible possible et de le servir au mieux par la musique. Le poème est donc le point de départ de la composition d'une mélodie. Si la relation très particulière qu'entretiennent texte et musique dans le genre de la mélodie requiert du compositeur une parfaite connaissance des règles poétiques et de la diction, il en est de même pour l'interprète, qui se doit d'avoir également une prononciation parfaite. Le lied et la mélodie française demandant un style vocal particulier : des voix très souples, plus confidentielles, et donc s'y faisant moins fortes qu'à l'opéra, avec une diction irréprochable, pour exprimer mais sans emphases indues les subtils sentiments sous-tendus par l'œuvre. Le genre étant dès l'origine fait pour le salon plutôt que pour de très grandes salles, leurs interprètes s'y sont spécialisés par plusieurs années de formation pratique auprès d'un maître
Un peu de pédagogie : le lied

Un lied (pluriel : Lieder ou lieds) est une composition brève pour une voix (parfois plusieurs) accompagnée par un piano ou par un ensemble instrumental, sur un poème de langue allemande.
A l'origine, les Lieder étaient des chants ecclésiastiques allemands populaires (source du choral luthérien lors de la réforme au XVIe siècle).
On trouve d'abord trois ou quatre voix basées sur des mélodies populaires ou courtoises existantes, et les voix inférieures sont très souvent instrumentales. C'est à partir de 1530 que l'on trouve des lieds à une seule voix, de forme strophique (alternance couplet/refrain) et qui ressemblent à la canzonetta italienne, tout en gardant un texte en allemand.
Ce genre musical est l’équivalent allemand de la mélodie française, bien qu'il y ait de nombreuses différences. Tout d'abord dans le temps, le lied en est à son apogée alors que la mélodie française balbutie encore et peine a acquérir ses lettres de noblesse. On peut considérer que Debussy en est le principal représentant, à la même époque en Allemagne Mahler et Strauss composent depuis longtemps. Une autre différence est le fait que le lied soit d'origine populaire (Volkslied) avant de se « savantiser ». A contrario la mélodie est un genre savant dès le départ. Le fait que l'on utilise le terme allemand lied souligne bien le développement et l'importance qu'a eu ce genre en Allemagne et en Autriche, depuis les grands cycles de Schubert jusqu’aux Gurre-Lieder de Schönberg qui totalisent presque deux heures de musique et monopolisent un orchestre gigantesque.
Parmi les compositeurs de Lieder célèbres, on trouve notamment : Franz Schubert, Robert Schumann, Johannes Brahms, Hugo Wolf, Gustav Mahler, Arnold Schönberg, Alban Berg et Richard Strauss.